Pratique

Le flash : les bases du flash direct et du flash en rebond

Pourquoi le flash intégré donne des photos plates, comment le flash cobra et le rebond adoucissent la lumière, la synchro, le mode TTL, le flash d'appoint en plein jour et les erreurs à éviter. Leçon 13 du parcours « Les bases de la photographie ».

Le flash a mauvaise réputation chez beaucoup de photographes amateurs : visages blafards, yeux rouges, fonds noirs, ombres dures derrière les personnes. Mais ce n'est pas le flash qui est en cause, c'est la façon de s'en servir. Bien utilisé, il devient invisible : on le remarque seulement parce que l'image est belle. Cette leçon pose les bases : comment il fonctionne, pourquoi le flash de face est ingrat, comment l'adoucir, et quand l'employer.

Ce que fait un flash

Un flash émet une impulsion de lumière très brève (de l'ordre de 1/1000 s ou moins) et très intense, en synchronisation avec l'ouverture de l'obturateur. Cette brièveté a deux conséquences utiles :

  • il fige le mouvement, même si la vitesse d'obturation est lente, car la lumière du flash n'agit que quelques millièmes de seconde ;
  • il apporte une lumière contrôlable, indépendante de l'éclairage ambiant.

Dans une photo au flash, deux lumières se combinent : la lumière ambiante (celle de la pièce ou du jour) et la lumière du flash. Elles sont réglées par des paramètres différents, ce qui est le secret de la maîtrise :

  • la vitesse d'obturation contrôle la lumière ambiante, mais pas celle du flash (tant qu'elle est supérieure à la vitesse de synchronisation, voir plus bas) ;
  • l'ouverture et la puissance du flash contrôlent l'exposition du flash ;
  • l'ISO agit sur les deux.

Pourquoi le flash direct est ingrat

Un flash fixé sur l'appareil, pointé droit vers le sujet, est une source petite, de face, et proche de l'axe de l'objectif. Rappelez-vous la leçon précédente : une source petite donne une lumière dure, et une lumière de face aplatit. Les défauts s'enchaînent :

  • Un rendu plat, sans relief, avec des ombres dures derrière le sujet, collées au mur.
  • Des peaux brillantes et des reflets sur le front et le nez.
  • Un fond noir : la lumière du flash diminue très vite avec la distance, donc l'arrière-plan reste sombre (loi de l'inverse du carré : à deux fois la distance, quatre fois moins de lumière).
  • Les yeux rouges : la lumière traverse la pupille dilatée et se réfléchit sur la rétine. Plus le flash est proche de l'objectif, plus c'est visible.

Le flash intégré des appareils est pratique en dépannage, mais il cumule tous ces défauts. Pour en tirer un meilleur parti, on ajoute un diffuseur, on modère la puissance, ou, mieux, on change de flash.

Le flash cobra : un vrai outil

Le flash cobra (ou flash externe) se fixe sur la griffe de l'appareil. Il présente plusieurs avantages :

  • une puissance bien supérieure à celle du flash intégré ;
  • une tête orientable (vers le haut, sur le côté) : la clé du rebond ;
  • un zoom qui adapte l'angle d'éclairage à la focale ;
  • des réglages manuels et la communication avec l'appareil (TTL) ;
  • la possibilité de le déporter de l'appareil, avec un câble ou une télécommande radio.

Un flash d'entrée de gamme, de marque ou compatible, suffit pour apprendre.

La clé : le flash en rebond

Au lieu de viser le sujet, on dirige la tête du flash vers un plafond blanc ou un mur clair. La lumière rebondit et revient sur le sujet depuis une surface large : elle est devenue douce et vient d'en haut ou de côté, donc plus naturelle.

Flash direct (lumière dure, de face) et flash en rebond sur le plafond (lumière douce, venant de dessus)
Flash direct (lumière dure, de face) et flash en rebond sur le plafond (lumière douce, venant de dessus)

Comment réussir un rebond

  1. Choisissez une surface neutre et claire : un plafond blanc ou un mur blanc. Une surface colorée donne sa teinte à la lumière (un mur jaune donne des visages jaunes).
  2. Visez environ à mi-chemin entre vous et le sujet, avec un angle d'environ 45 à 60 degrés vers le haut pour un plafond. Plus le plafond est haut, plus il faut de puissance.
  3. Augmentez la puissance : le trajet est plus long et la surface absorbe une partie de la lumière. Le TTL s'en charge, ou choisissez une puissance plus élevée en manuel, et montez l'ISO si nécessaire.
  4. Attention aux ombres sous les yeux et le menton avec un rebond vertical : un petit volet blanc (ou un simple carton) à l'avant du flash renvoie un peu de lumière vers le visage et illumine les yeux.
  5. Évitez les plafonds très hauts, noirs ou colorés : ils ne renvoient rien d'utile.

Le rebond sur un mur latéral donne une lumière directionnelle très proche de celle d'une fenêtre : voyez l'article portrait près d'une fenêtre pour imiter son rendu.

Les modes de flash

TTL : l'automatisme

En mode TTL (Through The Lens), l'appareil émet un pré-éclair, mesure sa réflexion à travers l'objectif, et règle la puissance du flash principal. Pratique pour débuter, il donne de bons résultats dans la plupart des cas. Comme pour l'exposition ambiante, il peut se tromper sur des scènes très claires ou très sombres : une correction d'exposition du flash (FEC), distincte de la correction d'exposition générale, permet de l'ajuster.

Manuel : la précision

En mode manuel, vous réglez la puissance (1/1, 1/2, 1/4… jusqu'à 1/128). L'éclairage est identique d'une image à l'autre, ce qui est précieux pour une série (portraits, produits). Le nombre guide (NG) d'un flash exprime sa puissance : distance maximale en mètres x ouverture, à ISO 100. Par exemple, un flash de NG 40 éclaire à f/4 jusqu'à 10 m (40 / 4), en pleine puissance.

La vitesse de synchronisation

L'obturateur à rideaux de la plupart des appareils ne laisse le capteur entièrement découvert que pour des vitesses relativement lentes. Au-delà, le deuxième rideau commence à fermer avant que le premier ait terminé : la fenêtre de pose n'est qu'une fente. Le flash, à cet instant, n'éclaire qu'une bande de l'image : le reste est noir.

La vitesse de synchronisation (ou « vitesse X ») est la vitesse maximale à laquelle le flash éclaire la totalité du capteur : en général 1/200 s ou 1/250 s sur les reflex et hybrides à obturateur mécanique. L'appareil limite d'ailleurs la vitesse à cette valeur quand le flash est activé en mode priorité ouverture. Au-delà, il faut utiliser la synchronisation haute vitesse (HSS) : le flash émet une série d'impulsions très rapides pendant que la fente défile. La portée est réduite, mais on peut utiliser de grandes ouvertures en plein soleil.

Le flash d'appoint en plein jour

Voici l'une des utilisations les plus utiles du flash, et la moins intuitive : l'employer pour déboucher les ombres en lumière du jour. Exemple : un portrait en contre-jour ou à la lumière dure de midi. Le visage est dans l'ombre, le ciel est lumineux. Procédure :

  1. Mesurez l'exposition pour l'arrière-plan (le ciel, le décor) de façon à ce qu'il soit bien exposé.
  2. Ajoutez le flash en TTL, avec une correction négative (−1 à −2 IL) pour un résultat naturel.
  3. Le visage est éclairé, le fond reste équilibré, et la photo ne paraît pas « flashée ».

Cette technique se combine avec les solutions pour contraste vues à la leçon 9 : plage dynamique, bracketing et HDR.

Autres techniques simples

  • Synchro lente : une vitesse lente (1/15 s, 1/30 s) avec le flash. Le flash éclaire le sujet net, la lumière ambiante restitue l'arrière-plan. Pratique en soirée, avec un fond qui reste lisible. Un risque de flou de bougé du sujet en fond de scène.
  • Synchro sur le second rideau : le flash part à la fin de la pose, ce qui permet à un sujet en mouvement de laisser une traînée lumineuse derrière lui, et non devant lui.
  • Flash déporté : un flash tenu à bout de bras ou posé sur un support, relié par radio, donne des éclairages directionnels, comme avec un éclairage de studio.
  • Diffuseur : une petite boîte ou un dôme sur le flash adoucit un peu la lumière, mais l'effet est limité : la source reste petite. Rien ne remplace une grande surface (rebond, parapluie, boîte à lumière).

Quand ne pas utiliser de flash

Dans de nombreux lieux (musées, concerts, cérémonies), le flash est interdit, ou dérange. Un objectif lumineux (f/1.8), des ISO élevés (leçon 3 : la sensibilité ISO) et un bon stabilisateur permettent souvent de s'en passer. Et la lumière ambiante, même faible, a une ambiance qu'un flash détruit : une bougie, une soirée, une fin de journée. Posez-vous la question avant de l'activer.

Les pièges fréquents

  • Le flash direct à 1,5 mètre : visages brillants, ombres dures, yeux rouges.
  • Un rebond sur un plafond coloré ou trop haut : la dominante envahit l'image, ou la lumière est insuffisante.
  • Dépasser la vitesse de synchronisation sans HSS : une bande noire apparaît.
  • Oublier que le flash ne porte pas loin : à 10 m, il ne fait presque rien.
  • Régler l'exposition ambiante sur le sujet puis ajouter le flash à pleine puissance : l'image est surexposée. Il faut équilibrer.
  • Laisser le flash activé sans le vouloir : contrôlez le mode avant de photographier en extérieur.

À retenir

  • Un flash donne une impulsion brève qui fige le mouvement ; la lumière ambiante et celle du flash se règlent séparément.
  • Le flash direct est une source petite et frontale : lumière dure, plate, avec yeux rouges et fond noir.
  • Le rebond sur un plafond ou un mur clair crée une grande source douce.
  • La vitesse de synchronisation est limitée (souvent 1/200 s ou 1/250 s), sauf en synchro haute vitesse.
  • Le flash d'appoint, légèrement dosé, déboche les ombres en plein jour.

Exercice : direct contre rebond

Dans une pièce avec un plafond blanc, avec un flash orientable :

  1. Photographiez une personne ou un objet avec le flash pointé directement vers le sujet.
  2. Reprenez avec le flash orienté vers le plafond, à environ 45 à 60 degrés.
  3. Reprenez avec le flash tourné vers un mur latéral blanc.
  4. Comparez la dureté des ombres, la brillance et l'ambiance.

Testez-vous

Essayez de répondre de tête, puis cliquez pour vérifier.

1. Pourquoi le flash direct donne-t-il une lumière dure ?

Voir la réponse

C'est une source petite, proche de l'axe, qui produit des ombres nettes.

2. Que se passe-t-il si l'on dépasse la vitesse de synchronisation sans HSS ?

Voir la réponse

Une partie de l'image reste noire, car l'obturateur ne découvre pas tout le capteur au moment de l'éclair.

3. Que fait le flash d'appoint en plein jour ?

Voir la réponse

Il éclaire l'ombre sur le sujet et équilibre la lumière avec l'arrière-plan.

La suite du parcours

Dernière leçon du parcours : mégapixels, résolution, tirage et formats, pour savoir ce que vous pouvez faire de vos fichiers. Pour revoir la lumière naturelle, retournez à la direction et la qualité de l'éclairage.

#débutant#flash#flash cobra#flash d'appoint#nombre guide#rebond#TTL#vitesse de synchronisation#yeux rouges

Commentaires

Soyez le premier à réagir.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont relus avant d'être publiés. Soyez courtois : on parle de photographie entre passionnés.