Photographier le ciel et les nuages
Un ciel bien exposé change toute une photographie. Choisir son moment, exposer pour les nuages et savoir composer avec un ciel pauvre ou spectaculaire.
Le ciel est souvent la moitié de l'image, et pourtant on le néglige. Il peut tout sauver, ou tout gâcher. Un ciel bleu uniforme est plat, un ciel gris est terne, un ciel brûlé est blanc comme du papier. À l'inverse, des nuages bien exposés, une lumière qui perce, un dégradé de couleurs peuvent faire d'un paysage banal une grande image.
Des études de ciel en 1856
Dès le début de la photographie, les ciels posent problème : trop clairs, ils se perdent en blanc. Vers 1856-1857, Charles Marville réalise des études de ciel à Paris, comme un exercice de patience et d'observation. On voit que le photographe cherche à comprendre ce que la plaque peut retenir : les nuages, leur relief, leurs ombres.

Exposer pour le ciel
Le ciel est la partie la plus lumineuse. Pour conserver les nuages, exposez pour eux : mieux vaut une image un peu sombre, que l'on éclaircira, qu'un ciel blanc et irrécupérable. Les informations perdues dans les hautes lumières ne reviennent pas ; celles des ombres, si, jusqu'à un certain point (surtout en RAW). Utilisez l'histogramme (voir l'article sur le RAW et l'histogramme) et surveillez que la courbe ne bute pas à droite. Beaucoup d'appareils proposent des alertes de surexposition (« zébras », clignotants) pour repérer les zones brûlées.
Quel ciel pour quelle photo ?
- Ciel bleu uniforme : peu d'intérêt en soi. Cadrez court, utilisez un polarisant pour foncer le bleu, ou intégrez-le comme fond graphique.
- Nuages épars (cumulus) : le ciel idéal, avec du relief et de la lumière. Placez-les dans le cadre comme des éléments de composition.
- Ciel couvert : lumière douce, mais ciel blanc ou gris. Réduisez-le, ou photographiez le sol et les détails.
- Orage, ciel dramatique : grands contrastes, lumière qui perce les nuages. Le moment rêvé, avec prudence pour soi et pour le matériel.
- Lever et coucher du soleil : couleurs chaudes, dégradés. Voir l'heure dorée et l'heure bleue.
Trois outils
- Le filtre polarisant : il assombrit le bleu et fait ressortir les nuages, surtout à angle droit par rapport au soleil. Attention aux très grands-angles, où l'effet est inégal.
- Le filtre dégradé neutre : il assombrit le haut de l'image pour équilibrer avec le sol.
- Le bracketing : trois expositions à écarts réguliers, à fusionner ensuite en post-traitement.
Composer avec le ciel
Ciel terne : réduisez-le à une bande étroite. Ciel dramatique : donnez-lui les deux tiers de l'image. Évitez de couper l'image exactement en deux. Cherchez un équilibre entre masses : un nuage sombre au-dessus d'une zone éclairée, un rayon de lumière qui désigne un sujet. Pour approfondir, voyez la composition.
Le temps de pose et les nuages
Avec un filtre gris neutre et un trépied, une pose de plusieurs dizaines de secondes transforme les nuages en traînées, qui donnent une impression de mouvement. À l'inverse, une vitesse rapide fige leur forme. Choisissez selon l'effet voulu : voir la vitesse d'obturation.
En retouche
Un dégradé local sur le ciel suffit souvent à redonner de la profondeur : lisez corrections locales et masques. Et pour voir comment un photographe de 1856 résolvait ce problème avec deux négatifs, retrouvez Gustave Le Gray.
En résumé
- Exposez pour les hautes lumières : un ciel brûlé est perdu.
- Utilisez polarisant, dégradé ou bracketing pour équilibrer ciel et sol.
- Adaptez la place du ciel : étroit s'il est terne, large s'il est spectaculaire.
- Sortez quand le ciel est intéressant : avant ou après une averse, au lever ou au coucher du soleil.
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